
Départ massif des enseignants burundais: une menace pour l’avenir du pays
Bujumbura, 11 février 2026 – Invité sur TV5 Monde, Me Jean SAMANDARI, président de la Coalition EPT BAFASHEBIGE, a tiré la sonnette d’alarme : le départ massif des enseignants burundais vers l’étranger fragilise gravement notre système éducatif. Un phénomène qualifié de « préoccupant » et aux conséquences lourdes pour l’avenir du système éducatif national.
Selon Me SAMANDARI, l’exode des enseignants touche tous les niveaux d’enseignement, du primaire à l’université, et fragilise durablement la qualité de l’éducation au Burundi.
Des causes profondes et structurelles
Au cœur de cette hémorragie, la question salariale occupe une place centrale. Les enseignants burundais perçoivent en moyenne l’équivalent d’environ 50 dollars américains par mois, une rémunération jugée largement insuffisante face à la flambée du coût de la vie.
« Beaucoup d’enseignants ne parviennent plus à subvenir aux besoins fondamentaux de leurs familles : logement, alimentation, frais scolaires des enfants », a expliqué Me Jean SAMANDARI sur TV5 Monde.
À cette faible rémunération s’ajoutent des conditions de travail précaires : manque de matériel pédagogique, classes surchargées, infrastructures insuffisantes et absence de perspectives claires d’évolution professionnelle. Le manque de reconnaissance sociale et de motivation contribue également à accentuer le malaise dans le corps enseignant.
Face à cette situation, de nombreux enseignants choisissent l’exil vers Dubaï ou, par défaut, ou vers certains pays voisins, à la recherche d’un « mieux-être ». À l’étranger, même des emplois non qualifiés offrent des revenus nettement supérieurs, parfois autour de 400 dollars par mois, soit plusieurs fois le salaire perçu au Burundi.
Un système éducatif sous pression
Le départ massif des enseignants burundais entraîne avant tout une pénurie aiguë de personnel dans les écoles primaires, secondaires et à l’université. De nombreuses classes se retrouvent sans encadrement stable, certains cours ne sont plus dispensés régulièrement et les enseignants restants doivent supporter une surcharge de travail considérable. Cette situation affecte directement la qualité de l’apprentissage : baisse du niveau des élèves, programmes inachevés, manque de suivi pédagogique et recours accru à des vacataires ou bénévoles souvent peu expérimentés. À long terme, c’est toute la performance du système éducatif qui s’en trouve affaiblie.
Au-delà de l’école, les conséquences touchent l’avenir même du pays. La fuite des enseignants qualifiés constitue une véritable perte de compétences, compromettant la formation d’une jeunesse compétente et compétitive. Un système éducatif fragilisé réduit les chances de développement économique et social, accentue les inégalités et met en péril les ambitions nationales d’émergence. Comme l’a alerté la Coalition EPT BAFASHEBIGE sur TV5 Monde, sans mesures urgentes et structurelles, cette hémorragie risque d’hypothéquer durablement le capital humain du Burundi.
Un risque pour l’avenir du pays
Pour la Coalition EPT BAFASHEBIGE, cette fuite des cerveaux constitue une menace directe pour le développement national. « Un pays ne peut prétendre à l’émergence sans un système éducatif solide, et celui-ci repose avant tout sur des enseignants motivés et valorisés », a souligné Me SAMANDARI.
Des milliers d’élèves se retrouvent aujourd’hui sans encadrement adéquat, ce qui compromet non seulement leur apprentissage immédiat, mais aussi la qualité du capital humain à long terme.
Quelles pistes de solution ?
Lors de son intervention sur TV5 Monde, la Coalition EPT BAFASHEBIGE a proposé plusieurs axes prioritaires :
La Coalition appelle à un dialogue national inclusif afin de mettre en place des mesures urgentes et durables.
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